Se familiariser avec les étapes de la ménopause, les symptômes, les principaux risques pour la santé et prendre en charge les changements pour assurer son bien-être à long terme.

Cette ressource fait partie d’une série sur l’importance de comprendre la ménopause. 
1.Se familiariser avec la ménopause  (actuelle) | 2. Ménopause et ostéoporose

Bien que nous utilisions le terme « femme » dans cet article, nous reconnaissons que la ménopause est une étape de la vie qui peut également être vécue par les personnes transgenres, non binaires et des personnes de diverses identités de genre. 

Pendant des années, les personnes touchées par la ménopause ont reçu peu d’information et leurs symptômes ont souvent été ignorés par la communauté médicale. Cet article présente les étapes de la ménopause, tout en abordant les symptômes fréquents et les idées fausses. Il fait aussi ressortir les principaux risques pour la santé, comme les maladies cardiaques et l’ostéoporose, avec lesquelles les femmes doivent composer durant la ménopause. Cet article propose aussi des solutions pour prendre en charge ces changements afin d’améliorer son bien-être général.  

Tout comme la puberté, la ménopause est une phase naturelle de la vie que vivent toutes les femmes. Elle survient lorsque les ovaires d’une femme cessent de produire des ovules, ce qui entraîne une diminution des taux d’œstrogène et de progestérone. Les personnes qui s’identifient comme cisgenres, non binaires, transgenres ou de diverses identités de genre peuvent aussi vivre la ménopause. Chaque personne le vit différemment en raison des changements hormonaux liés à l’âge et des traitements hormonaux suivis dans le cadre de soins d’affirmation de genre et d’interventions chirurgicales. 

La ménopause comprend trois étapes qui s’étendent sur le tiers à la moitié de la vie d’une femme : la périménopause, la ménopause et la postménopause.   

À quoi dois-je m’attendre au cours des trois phases de la ménopause? 

La périménopause est la période qui précède la ménopause et peut durer de deux à dix ans. Pendant cette période, de nombreuses femmes présentent des symptômes qui ont des conséquences négatives sur leur santé physique et mentale et qui peuvent nuire considérablement à leur qualité de vie. En moyenne, la périménopause commence entre 40 et 50 ans chez la plupart des femmes, mais certaines personnes passent par la ménopause avant 40 ans.   


La ménopause survient lorsqu’une femme n’a pas eu de règles pendant 12 mois consécutifs. Si une femme a ses règles après 11 mois et 12 jours, le compte à rebours recommence. Au Canada, l’âge moyen de la ménopause est de 51 ans, la plupart des femmes passant à la ménopause entre 45 et 55 ans. La ménopause précoce (entre 40 et 45 ans) et la ménopause tardive (entre 55 et 60 ans) sont aussi possibles, alors que la ménopause avant 40 ans est considérée comme prématurée. La ménopause peut être induite par une intervention chirurgicale dans le cas où les deux ovaires sont retirés (ovariectomie bilatérale), ce qui entraîne immédiatement une ménopause. L’hystérectomie à elle seule n’induit pas la ménopause à moins que les ovaires ne soient retirés, bien qu’elle puisse provoquer une ménopause plus précoce. En outre, des traitements comme la chimiothérapie et la radiothérapie peuvent aussi entraîner ce que l’on appelle une « ménopause médicale ».  

Après la ménopause, une femme est considérée comme postménopausée pour le reste de sa vie. Certains symptômes ressentis pendant la périménopause peuvent disparaître quelques années après la ménopause, mais d’autres peuvent persister pendant des décennies. La diminution des œstrogènes après la ménopause augmente le risque de maladies cardiaques, d’ostéoporose et de syndrome génito-urinaire de la ménopause.  

Quels sont les symptômes les plus fréquents?   

Comme beaucoup d’autres étapes de la vie (p. ex. les menstruations, la grossesse et l’accouchement), les femmes entendent souvent des histoires d’horreur sur la ménopause. En réalité, les symptômes de la ménopause peuvent être inexistants, légers ou graves, et peuvent être temporaires ou de longue durée. Pour les femmes en périménopause précoce (avant 40 ans), les symptômes peuvent être déroutants, surtout s’ils ne sont pas accompagnés d’autres « symptômes classiques », comme les bouffées de chaleur ou les sueurs nocturnes, et que les règles sont toujours présentes. Il peut être très difficile de comprendre ce qui se passe si vous ne vous sentez pas dans votre assiette ou si vous n’êtes pas vous-même. 

Ce sont les fluctuations hormonales qui peuvent déclencher un certain nombre de symptômes – plus de 30 symptômes ont été identifiés comme étant liés à la périménopause et à la ménopause. De nombreuses femmes vivent des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, mais beaucoup d’entre elles peuvent présenter ce qui suit :  

  • Saignements menstruels anormaux (règles abondantes ou irrégulières, saignements entre les règles) 

  • Troubles du sommeil ou insomnie  

  • Brouillard cérébral, troubles de la mémoire ou autres changements cognitifs  

  • Sécheresse vaginale  

  • Douleur lors des rapports sexuels  

  • Diminution de la libido 

  • Douleurs articulaires et musculaires  

  • Manque d’énergie  

  • Fatigue 

  • Changements d’humeur, irritabilité 

  • Maux de tête et migraines 

Consultez l’outil de suivi pour consulter une liste exhaustive des symptômes. 

De nombreuses femmes ne tiennent pas compte de leurs premiers symptômes, pensant que ces changements font simplement partie du vieillissement et sans savoir qu’ils sont liés à la ménopause. Certaines se sentent trop gênées pour parler de leurs symptômes avec leur professionnel·le de la santé de premier recours. Pendant longtemps, les professionnel·le·s de la santé ont reçu une formation qui limitait la reconnaissance des symptômes de la périménopause et de la ménopause. Une telle situation pouvait mener à une évaluation de chacun des symptômes et avoir comme effet de négliger la ménopause comme cause possible, retarder le diagnostic ou passer à côté.  

Des études portent à croire que l’âge moyen au moment des dernières règles chez les femmes d’origine noire, asiatique et latine est plus précoce que chez les femmes blanches, bien que le moment exact puisse varier en raison d’une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et socio-économiques. L’âge peut varier d’environ 8,5 mois pour les femmes d’origine noire, 1,7 an pour les femmes d’origine latine et environ 1,2 an pour les femmes d’origine chinoise. En outre, les femmes d’origine noire sont 50 % plus susceptibles d’avoir de bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes. Les symptômes ont tendance à durer 3,5 ans de plus chez les femmes d’origine noire et 2,5 ans de plus chez les femmes d’origine latine. En règle générale, les femmes d’origine chinoise et japonaise vivent des bouffées de chaleur moins longtemps. De plus, les femmes d’origine noire ont tendance à avoir des règles plus abondantes, des saignements prolongés et une microrragie (spotting) pendant la périménopause.  

 

Quels sont les problèmes de santé associés à la ménopause?  

Nous avons peut-être appris à l’école que les hormones – les œstrogènes et la progestérone – sont actives dans le système reproducteur et régulent le cycle menstruel. Mais ces hormones jouent un rôle important dans de nombreux autres systèmes de l’organisme. Lorsque les taux d’œstrogène et de progestérone diminuent, les femmes peuvent présenter un risque plus élevé de développer certains problèmes de santé, notamment :  

  • Infections urinaires récurrentes  

  • Maladie cardiaque  

  • Ostéoporose  

  • Démence et maladie d’Alzheimer  

  • Syndrome métabolique  

  • Diabète de type 2  

  • Syndrome génito-urinaire de la ménopause (affection chronique de la vulve, du vagin et des voies urinaires inférieures entraînant un certain nombre de symptômes, comme sécheresse, brûlure et irritation vaginales, atrophie de la vulve, urgence urinaire, miction douloureuse, incontinence, rapports sexuels douloureux et diminution de l’excitation)   

Les effets biologiques d’une ménopause plus précoce chez les femmes de couleur signifient que les conséquences de l’ostéoporose, des maladies cardiaques et du diabète peuvent survenir plus tôt dans la vie. Les femmes chez qui la ménopause est précoce peuvent être exposées à une densité osseuse plus faible et à un risque accru de fracture en phase postménopausique.  

L’incontinence urinaire n’est pas un symptôme de la ménopause et n’est pas associée à des changements du taux d’œstrogènes, mais elle a tendance à apparaître au moment de la transition ménopausique. Il semble que les fuites urinaires soient associées au vieillissement, à la prise de poids et au diabète. La recherche a montré que les femmes d’origine noire et latine signalent une aggravation de l’incontinence urinaire pendant et après la transition ménopausique. Plus l’incontinence urinaire dure depuis longtemps, plus les femmes sont susceptibles de vouloir suivre un traitement. Beaucoup d’entre elles ne se rendent pas à cette étape, car elles pensent à tort que les fuites font partie du processus normal de vieillissement. Ou encore leur professionnel·le de la santé n’a jamais abordé la question des fuites urinaires avec elles.

Il est aussi important de savoir que les symptômes de la ménopause peuvent être accompagnés de changements d’humeur. Des études ont montré que de 19 à 36 % des femmes peuvent présenter une dépression pendant la transition ménopausique. Il n’y a pas de réponse claire à savoir pourquoi cela se produit, mais ce n’est pas surprenant, car la dépression peut être déclenchée par des changements hormonaux. Faites le suivi de votre humeur et demandez conseil à un·e professionnel·le si les symptômes interfèrent avec votre vie quotidienne. Parlez-en à votre professionnel·le de la santé de premier recours ou contactez le·la fournisseur·euse de votre programme d’aide aux employé·e·s et à leur famille (PAEF) pour obtenir de l’aide. 

Quels sont les défis que les femmes doivent relever au travail pendant la ménopause?    

Les symptômes de la ménopause peuvent empêcher les femmes de se concentrer ou de maintenir leur niveau d’énergie habituel. Les symptômes tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et le brouillard cérébral peuvent être source d’inconfort et rendre difficile la concentration, ce qui peut influer sur le rendement au travail. Les femmes se sentent souvent gênées ou hésitent à parler de leurs symptômes, craignant la stigmatisation ou l’incompréhension. Cela peut conduire à la frustration, à l’isolement et à une baisse de la confiance et de l’estime de soi.

Malgré ses répercussions, la ménopause n’est souvent pas prise en compte en milieu de travail. La sensibilisation à la ménopause peut contribuer à instaurer un environnement bienveillant. Des politiques proactives et empathiques peuvent considérablement changer les choses pour le bien-être des employé·e·s et la réussite de l’organisation. La première étape qu’une organisation peut franchir consiste à reconnaître qu’il existe des femmes en plein épanouissement professionnel qui souffrent peut-être en silence. 

Que peuvent faire les femmes pour protéger leur santé et prendre en charge leurs symptômes?   

Si vous pensez que vous arrivez à la phase de la ménopause, prenez rendez-vous avec votre médecin. Notez vos symptômes à l’avance à l’aide de l’outil de suivi des symptômes fourni et apportez-le lors de votre rendez-vous. C’est facile d’oublier de l’information pendant une conversation. Le fait d’avoir une idée claire de ce que vous vivez aide votre professionnel·le de la santé à mieux connaître vos symptômes et à vous guider pour les prochaines étapes.

De nombreuses femmes, en particulier celles issues de groupes sous-représentés, peuvent avoir à composer avec la discrimination et un traitement sous-optimal dans les établissements de soins de santé. Les femmes qui appartiennent à plus d’un groupe sous-représenté doivent composer non seulement avec le racisme, mais aussi avec l’homophobie, la transphobie et la cisnormativité. Les professionnel·le·s de la santé considèrent souvent que les symptômes des femmes sont « normaux » ou qu’ils font simplement partie du vieillissement. Les symptômes peuvent aussi être évalués séparément plutôt que de manière globale, ce qui fait que la cause profonde peut ne pas être expliquée par la périménopause ou la ménopause. En fait, seulement 25 % des femmes ont des discussions proactives avec leur médecin de famille et, parmi les femmes qui ont demandé des conseils médicaux, à peine plus de 25 % ont trouvé ces conseils utiles. 

Les femmes se sentent alors impuissantes et se heurtent à des obstacles dans le traitement de leurs symptômes. Bon nombre de femmes tentent de résoudre seules l’énigme de leurs symptômes, alors que d’autres souffrent en silence. La recherche de réponses et la prise en charge des symptômes sans les conseils d’un·e professionnel·le de la santé compatissant·e et compétent·e peuvent s’avérer accablantes et coûteuses, car les femmes cherchent des solutions auprès de psychologues ou d’autres professionnel·le·s en santé mentale, de naturopathes, de physiothérapeutes, d’ostéopathes ou de massothérapeutes. Si vous avez l’impression de ne pas avoir les réponses ou recevoir les soins dont vous avez besoin de la part de votre professionnel·le de la santé de premier recours, demandez-lui de vous orienter vers un·e spécialiste de la ménopause de votre région. 

Malheureusement, à mesure que la ménopause attire l’attention du public, des personnes et des entreprises malhonnêtes profitent de la situation pour promouvoir et vendre aux femmes des produits non réglementés, comme des suppléments, des hormones conjuguées et des capsules à base d’hormones. Ces produits peuvent ne pas soulager les symptômes et être coûteux. Plusieurs peuvent même être nocifs. Cela dit, de nombreuses femmes constatent que certains suppléments réduisent ou atténuent certains symptômes. Tant que votre professionnel·le de la santé de premier recours est au courant des suppléments que vous prenez et qu’ils sont sans danger pour vous, il n’y a aucune raison d’arrêter de les prendre. 

Pour que vous puissiez obtenir de bons résultats cliniques, il est important de vous adresser à des professionnel·le·s de la santé qui connaissent bien les expériences uniques que vivent les femmes pendant la ménopause. Cela s’applique également aux personnes transgenres, non binaires ou intersexuées, qui peuvent présenter des symptômes de la ménopause. Le fait de trouver un·e professionnel·le de la santé qui connaît les divers obstacles à surmonter peut changer la donne pour ce qui est de la prise en charge des symptômes et du maintien d’une bonne santé à long terme. Une telle approche permet aux personnes de recevoir des soins mieux adaptés et souligne la nécessité d’avoir un système de santé plus inclusif et plus sensibilisé, où les besoins de chacun·e sont reconnus et pris en compte. 

Pour vous aider à prendre en charge les symptômes de la ménopause et maintenir une bonne santé, vous devez envisager une combinaison de changements de mode de vie et de traitements médicaux. Bien que l’hormonothérapie soit souvent l’option la plus efficace pour prendre en charge les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et les problèmes urinaires, et qu’elle puisse contribuer à la santé des os et du cœur, il existe d’autres options pour les femmes qui ne peuvent pas l’utiliser ou préfèrent ne pas l’utiliser pendant la ménopause. Votre professionnel·le de la santé peut vous présenter les différentes options disponibles. 

 Outre les options médicales, les mesures suivantes peuvent contribuer à réduire le risque de maladie cardiaque et d’ostéoporose et à améliorer le bien-être général :  

  • Adopter une alimentation saine  

  • Bouger régulièrement  

  • Arrêter de fumer  

  • Limiter la consommation d’alcool  

  • Limiter la consommation de caféine  

  • Faire des exercices de port de poids  

  • Consommer des aliments riches en calcium, prendre des suppléments de calcium et de vitamine D si nécessaire (parlez-en à votre professionnel·le de la santé)  

  • Connaître les stratégies de prévention des chutes   

  • Faire des exercices pour améliorer l’équilibre et développer la force afin de prévenir les chutes  

Lorsque vous entrez dans la phase de la ménopause, consultez votre médecin au moins une fois par an pour le dépistage et le suivi de ce qui suit : 

  • Tension artérielle et taux de cholestérol  

  • Diabète  

  • Dépression  

La ménopause peut être une période difficile, mais vous n’avez pas à la traverser seule. Si vous ne savez pas par où commencer ou si vous avez besoin d’un soutien supplémentaire, communiquez avec votre Programme d’aide aux employés employé·e·s et à leur famille (PAEF) pour obtenir un accompagnement confidentiel. Un·e professionnel·le du PAEF peut vous aider à explorer des stratégies d’adaptation et à recevoir un soutien concret tout au long de cette transition. Prendre ces mesures dès maintenant peut faire une grande différence dans votre bien-être et votre équilibre au quotidien.

Suivi des symptômes

Pour en savoir plus  

Black Girl’s Guide to Surviving Menopause (seulement en anglais).

Gunter J (2021) Le manifeste de la ménopause: Factuel et féministe, un livre pour défendre votre cause. Toronto: Random House Canada 

McDonagh A, Gunstone C (2023) Let’s talk about the menopause: The views and experiences of women living in Hertfordshire. Healthwatch Hertfordshire. Article consulté le 10  octobre  2025 (seulement en anglais). 

Fondation canadienne de la ménopause.

Swan (Study of Women’s Health Across the Nation) (seulement en anglais).